Collectages et danse –

Ce projet s’inscrit dans Regard(s) Begirada(k), une résidence de territoire qui se déroule tout au long de l’année 2020 avec Borderline Fabrika, tiers-lieu culturel à Hendaye.

Le propos

Pour porter un regard artistique sur le quartier, j’ai rapidement eu l’envie de rassembler les questions qui m’animent actuellement, c’est à dire La Joie et La Nature Sauvage, en les questionnant dans le quartier où je vis. Mêler ces deux thèmes me procure une vive énergie.

Je mène un travail chorégraphique dans l’espace urbain avec un adolescent d’une part et une enquête sur la trace du sauvage dans la ville avec des habitants d’autre part. Le lien entre les deux est implicite. Ce que j’aimerais révéler dans ce processus, c’est le parallèle entre les herbes sauvages résistantes et la résilience d’un adolescent qui danse dans la ville. Révéler les marges insolentes, à contre-courant, comme des modèles nécessaires à s’inspirer pour la construction de notre futur, qui respecteraient les fragilités humaines et le sauvage dont l’ordre est par nature chaotique. Nous avons eu droit à une sorte d’avant goût durant le confinement, une possible entrevue de ce que nous pourrions souhaiter. L’apparition d’animaux sauvages dans les centres villes nous a fasciné, nous avons apprécié les silences dans les rues, nous avons vu la vitesse à laquelle les plantes sauvages se sont répandues dans des endroits où d’ordinaire on les taille ou les supprime. Et puis on a pu, un peu, se réapproprier des morceaux d’espaces publics jusque là réservés aux véhicules. On a vu les manques à combler, les failles, on s’est réapproprié des parking comme terrain de jeu, des espaces libres pour l’expression des corps. Mais un peu seulement, comme un léger avant goût de ce vers quoi on voudrait aller.

La démarche

Nous avons débuté un travail de mouvement chorégraphique dans l’espace urbain de la gare et du centre ville d’Hendaye. Ce travail prendra la forme d’un portrait chorégraphique d’un jeune garçon seul dans la ville. Par ailleurs nous enregistrons en audio des conversations sur ses passions, sur le monde et pour le futur. Ces échanges viennent à la fois enrichir la démarche de la prochaine pièce que j’écris au sein de Rouge Elea sur la thématique de la joie et dans le cadre du projet Sauvage, nous donne une matière textuelle pour la composition sonore de la pièce.

Par ailleurs, avec des habitants nous enquêtons sur la trace du végétal et de l’animal, en arpentant le quartier. L’idée est de proposer des cadres d’observations sensoriels sur la place du sauvage, des “choses naturelles” dans nos espaces urbains, y compris la zone de chantier en cours. L’intérêt de ces temps d’enquête est d’ouvrir des espaces d’échanges et des champs d’expériences pour se réapproprier les espaces.

Les actions se déroulent sur plusieurs mois, le travail avec Angelo a débuté en janvier 2020, tandis que la rencontre avec le groupe d’enquêteurs est envisagée à partir du mois de juillet.



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